3 manières d’aborder sa séance de yoga

séance de yoga

Assouplir, étirer, renforcer, suer, chauffer, se concentrer … mais aussi écouter, se détendre, prendre soin, savourer, aimer et se faire du bien. Certaines de ces actions peuvent parfois paraître antagonistes plutôt que complémentaires. Peut-on « renforcer, suer » et « savourer » en même temps ? Se concentrer et se détendre ? …

Voici 3 angles complémentaires sous lesquels aborder une séance de yoga afin d’en tirer au maximum tous les bienfaits.

1) Apprentissage et entraînement

La transmission du hatha yoga se fait de manière très codifiée. En natha yoga, les postures sont accompagnées de souffles, de visualisations, de mantras, de mudras et bhandas, etc… Chaque pratique a ses “règles” précises à respecter. Et chaque pratique se travaille dans le respect de ces règles. Il n’y a donc pas de secret pour faire du yoga : il faut apprendre et s’entraîner.

L’apprentissage des pratiques est une période de découverte.

– Le corps doit s’habituer à la posture, se “décoincer”, s’ouvrir, s’étirer, ou se fortifier, se raffermir. Ou encore c’est l’équilibre qui doit se mettre en place.

– Le souffle doit se débloquer. Les premières fois où on se tort en quatre dans une position bizarre, la respiration est courte, rapide, chaotique voire elle se bloque complètement.

– Le mental crie souvent au secours. Une petite voix dans la tête qui nous dit “Aïe! Ouïe! Ca tire, ça coince, c’est long. Je veux revenir” ou “Méditer, méditer, … j’en ai marre, moi, de rester assis sans bouger …”

Cette première approche d’une séance de yoga est comme pour n’importe quel apprentissage, comme le sport ou la musique,… C’est avec l’entraînement et la répétition que le corps finit progressivement par accepter de lâcher ses contraintes et de se glisser dans la position qu’on lui demande, que le souffle s’allonge et que le mental s’apaise. C’est l’habitude, le fait de faire et refaire et refaire encore qui va amener le progrès.

Cependant, il n’est pas très utile de faire et refaire sans arrêt les mêmes gestes simplement comme un automate. Un automate exécute toujours les mêmes mouvements avec la même précision mais n’a aucune conscience de ce qu’il fait. La répétition des gestes en yoga se fait avec une présence continue, avec concentration. Et c’est ici, je pense, que les visualisations, les mantras, les mudras prennent tout leur sens en aidant à maintenir un fil continu d’attention. C’est dans la recherche intérieure, l’ écoute de soi, l’observation attentive que le progrès sera le plus marquant.

C’est dans l’ “apprentissage – entraînement” aussi que la volonté est le plus mise à l’épreuve. Quand certaines pratiques paraissent inaccessibles, désagréables, si elles font peur (comme les postures inversées par exemple pour certaines personnes), ou si elles semblent inutiles à leur première approche, c’est parfois difficile de trouver la motivation de s’y mettre.

C’est pourquoi l’apprentissage et l’entraînement  doivent aussi être sous-tendus par une part de plaisir. C’est sur un fond de recherche de mieux-être, de libération, ou tout simplement de joie et d’amusement que le yoga se pratique.

Ce qui nous amène à la deuxième manière d’aborder sa séance de yoga …

 

2) La pratique personnelle

Vous avez appris des techniques, vous vous êtes entraînés. Maintenant, c’est l’heure de mettre au placard tout ce que vous avez appris, et de pratiquer uniquement “comme ça vient”.  Le moment de pratique personnelle est le moment de l’intuition, le moment présent.  Je ne me pose plus de questions du genre : est-ce que je fais bien ou pas ? Est-ce que j’ai enchaîné les postures dans le bon ordre ? Vous êtes sûr que je peux faire ça ? etc… Je pratique en fonction de l’envie de l’instant, et puis c’est tout … Un peu comme un chef cuistot qui a devant lui tous ses ingrédients et qui invente sa propre recette.

C’est ici que le plaisir de la pratique prend toute sa place. Non seulement, il a un profond pouvoir régénérateur sur le corps et le mental mais il va aussi régénérer la volonté, tellement indispensable pour reprendre … plus tard … la phase “entraînement”.

 

3) La révision sous l’angle de la transmission

C’est la troisième façon d’appréhender une séance, si vous voulez un jour transmettre la flamme du yoga autour de vous. Si le yoga comprend une partie de connaissances, il est avant tout une expérience. Il comprend des centaines de techniques. Ce n’est pas possible de toutes les faire tout le temps. Cependant, un professeur ne va pas, dans un cours, proposer une pratique qu’il n’a pas lui-même faite depuis plusieurs années.

Donc, un prof revoit régulièrement ses techniques, non pas sous l’angle d’un entraînement ou d’une pratique personnels mais bien dans l’objectif de transmettre cette technique, ce qui est encore différent car cela inclut la pédagogie et tout l’art de la transmission.

Passionnant tout ça … n’est-ce pas ?

Et vous, comment abordez-vous votre séance de yoga ? Dites-moi tout dans les commentaires !

1 Comment

  1. beatrice

    moi ça dépend des jours, parfois je me prépare un programme de semaine avec des nouveautés le week end et puis le moment venu où je me recale dans mes positions préférées ou j’innove totalement autre chose….je laisse souvent le corps parler au dernier moment même si je râle après de ne pas avoir fait ci ou pas ça. Par exemple là depuis quelques temps je dois faire des élongations épaules et cou car j’ai mal et ça craque en priorité alors que je voulais travailler la chandelle et la charrue, il m’a été contraignant de forcer mon corps à le faire, les épaules et cou étaient trop tendus, donc pas le choix…encore une fois le corps a parlé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :