Les 6 “explorations” de base de votre pratique du yoga : partie 1 : l’immobilité

immobilité yogaUne séance de yoga est une opportunité de découverte de soi et d’intériorité.

Je vous propose une série d’articles pour vous présenter 6 grands “thèmes” à découvrir et à explorer lorsque vous pratiquez.

Ces  6 “explorations” de base sont l’immobilité, la verticalité, l’ouverture des hanches, l’équilibre, les inversions et le souffle.

Nous verrons que ces 6 notions dépendent toutes des trois “corps” du yoga : le corps physique, l’énergie et le mental.

 

 

1) Première exploration : l’immobilité.

méditation immobilité yogaL’immobilité est un point important dans le yoga : Recherche d’immobilité du corps dans la posture, qui est un prérequis pour l’arrêt du souffle et des pensées. Tout ceci est loin d’être facile, c’est un chemin en général de longue haleine.

NB : Je parle ici du Hatha Yoga traditionnel, pas des yogas dynamiques basés sur des séquences de postures.

 

 

 

Pourquoi l’immobilité ?

Dans le yoga, l’état d’immobilité est l’état de la conscience pure et de l’unité. L’accès à cet état prometteur de bonheur nous est habituellement barré à cause de nos modes de pensées et de fonctionnements ordinaires basés sur la dualité.  La recherche du yogi est un état d’intériorité et d’unité où la conscience pure s’exprime sans être “polluée” par les caprices de l’ego.

Oh là ! : pas d’affolement : je vous mets la traduction. Pour le dire simplement, nous sommes constamment tiraillés entre le bien et le mal, le beau et le laid, … ce que nous pensons être bénéfique pour nous et pour les autres et ce que nous pensons être mauvais pour nous et pour les autres, etc;.. Notre mental calcule constamment.

S’immobiliser dans une posture  nous permet de nous décaler par rapport à ce mode de fonctionnement habituel et par rapport à l’agitation qu’il y a en nous et autour de nous. Elle permet également de s’observer et d’apprendre à se connaître de l’intérieur, sans calcul et sans jugement.

 

De nombreux obstacles s’opposent à l’immobilité :

  •  le corps : si mon corps est inconfortable dans une posture, si j’ai des tensions, je ne vais pas pouvoir rester immobile très longtemps dans la posture
  •  l’énergie : si je suis très émotif, très réactif, “hyper sensible”, j’ai du mal de “tenir en place” plus de quelques secondes. Ma respiration est courte et rapide. Ce sera difficile d’avoir un souffle lent, de faire des rétentions ou de savourer des moments d’immobilité dans ma respiration.
  •  le mental : agitation, flots de pensées incessantes, petite voix dans la tête qui vous limite, sentiment de vivre dans l’urgence,… et j’en passe … A moins d’un inconfort corporel ou respiratoire très marqué, c’est souvent le mental qui nous empêche de nous immobiliser. C’est souvent difficile voire insupportable pour certaines personnes de rester plusieurs minutes dans une position sans bouger, avec ce sentiment de “ne rien faire” ou que “ça ne sert à rien”.

Par exemple :

Observez-vous la prochaine fois que vous faites une posture inversée (chandelle, pose sur la tête,…). Ce sont des postures qu’on aime essayer de tenir dans la durée.

Quand on est débutant, le corps se manifeste souvent et on revient de la posture parce que c’est difficile physiquement. (“obstacle “physique”)

– On peut aussi sentir le besoin de lâcher la posture parce qu’on sent une oppression, ou le nez qui se bouche … On a du mal de respirer (“obstacle énergétique)

– Puis ensuite, on se familiarise avec la posture. Le corps et la respiration s’adaptent et on peut tenir plusieurs minutes. C’est alors le mental qui vient mettre une barrière à la durée de la pratique. Si vous revenez de la posture, ce n’est pas tellement parce que votre corps rouspète mais plutôt parce que vous en avez marre de rester aussi longtemps sans bouger dans la même position. Les minutes paraissent des heures. Vous êtes pris d’une forme d’agitation. Et c’est bon , passons à autre chose… Ici, c’est votre mental qui a influencé votre capacité à rester dans la posture.

 

En résumé, quand j’ai mal au dos ou ailleurs à cause de tensions, que je suis stressée parce que je viens d’apprendre une mauvaise nouvelle et qu’en plus, je dois caser ma séance de yoga dans les 20 petites minutes que j’ai pu trouver “à l’arrache” dans ma journée chargée, rester immobile n’est peut-être pas ce que j’ai le plus envie de faire ni ce qui est le plus facile à faire.

 

Alors, que peut-on faire ?

Comme pour tout dans le yoga, il est important de trouver le juste équilibre entre la volonté et le plaisir. Ces deux énergies vont de paire et s’auto-entretiennent.

Pas besoin d’un long discours pour comprendre qu’apprendre à rester immobile demande d’exercer sa volonté. L’exercice de la volonté est indispensable. Je décide à un moment donné de m’y mettre. Mais si j’exerce uniquement la volonté, je risque de devenir rigide, de me couper de moi-même plutôt que de me rapprocher et finalement de rendre ma pratique stérile. Il est important de faire intervenir la notion de plaisir. Et oui, il y a de la saveur dans le fait de ne plus bouger.

Et si votre agitation vous empêche de vous poser, sachez qu’à l’inverse, exercer votre volonté à rechercher le plaisir de se poser va calmer votre agitation.

 

 

A vous de jouer

Je vous propose deux exercices qui vous aideront à prendre contact avec la saveur de l’immobilité, dans le corps et dans le souffle.

Cette saveur, vous pourrez chercher à la reproduire dans toutes vos pratiques.

 

savasana relaxation immobilitéAllongez-vous sur le dos dans Savasana et faites-y une petite relaxation.

Relâchez les tensions. Observez le va-et-vient de votre respiration.

Puis, en associant la visualisation et la perception tactile, vous allez prendre conscience des différentes parties du corps.

Pour cette partie, je vous renvoie à l’article “La relaxation, évacuer le stress et se régénérer” ou la partie relaxation dans le guide “Améliorez votre sommeil grâce au yoga”.

 

Quand vous aurez pris conscience des différentes parties du corps :

Exercice 1 : vous allez ressentir que l’entièreté du corps est immobile et que, dans cette immobilité, il y a un mouvement, celui de la respiration.

Comparez les deux : immobilité et mouvement.

Vous pouvez le faire selon les deux points de vue : A partir de l’immobilité du corps, observez et savourez le mouvement du souffle

                                                                                       A partir du mouvement du souffle, prenez conscience et savourez l’immobilité du corps.

 

Exercice 2 : Lorsque vous vous sentez vraiment détendu dans la relaxation, observer votre respiration. Puis observez le moment d’arrêt de votre souffle à la fin de l’expiration. Il ne s’agit pas d’une rétention, juste un moment où tout s’arrête quand vous avez fini d’expirer, avant que l’inspiration ne reprenne. Prenez conscience que, pendant ce moment où votre respiration s’arrête, tout est immobile. Et savourez …

Vous pouvez aussi le faire à la fin de l’inspiration, avant que l’expiration ne reprenne. Ou les deux, à la fin de l’inspiration et à la fin de l’expiration.

 

Je vous souhaite une très belle première “exploration” en attendant le prochain article de la série …

 

Et vous, est-ce facile/ difficile pour vous de rester dans l’immobilité ? Laissez un commentaire …

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