Posture du guerrier : tout savoir sur virabhadrasana 1 et 2

Posture du guerrierAujourd’hui, j’accueille Sandra, professeur de yoga sur Biscarosse en France. Elle a eu la gentillesse de nous concocter une fiche très détaillée sur la posture du guerrier, bien qu’il faille plutôt dire « les postures » du guerrier. Si celles-ci sont plutôt connues et pas mal pratiquées, il est cependant beaucoup moins courant d’en avoir une approche détaillée sur leur sens et leur symbolique.

Personnellement, je me suis régalée…

Merci donc à Sandra.

Et que s’éveille le guerrier qui sommeille en chacun de nous …

Virabhadrasana 1 et 2 : le héros (guerrier) à la colère bienfaisante

La colère est celle de Shiva, le destructeur, sans lequel aucun renouveau n’ est possible.

Shiva transforme, il est le symbole de la création. Ses yeux sont mi-clos, car il les ouvre lors de la création du monde et les ferme pour mettre fin à l’univers et amorcer un nouveau cycle. Shiva est aussi la personnification de Tamas (une des 3 forces qui ont engendré la matière) qui représente la libération de tout ce qui lie, de tout ce qui est individuel et limité. La force centrifuge, qui va vers la mort, la nuit.

La posture du guerrier met en branle l’énergie héroïque en nous. L’énergie puissante de la base passe par la sagesse du cœur. L’audace et la détermination se manifestent.

Je trouve que l’essence de la Bagavad Gita (poème philosophique et religieux de l’Inde, dont le titre en sanskrit signifie « Chant du bienheureux » ou « Chant du seigneur”) est bien résumée dans ces asanas. Arjuna, héros des Pandava, au moment où va se déclencher une grande bataille de Kurukshetra contre ses cousins les Kauravas et leur armée, est effrayé à l’idée d’entreprendre cette lutte fratricide. Il préfèrerait déposer les armes plutôt que de se trouver dans la nécessité tragique de tuer des amis et des parents. Krishna, incarnation terrestre de Vishnou et cocher d’Arjuna, essaie d’extirper de son âme toute hésitation et inquiétude, et lui rappelle que son devoir en tant que guerrier est de se battre.

La puissance du guerrier vient du sol et passe par les jambes (que l’on aura rendu puissantes par l’entrainement). Elle attise ensuite le feu du ventre, monte jusque dans le cœur, s’apaise, et là, de façon très contrôlée, passe par les bras et les mains (organes de l’action), pour réaliser de façon bien sûr symbolique l’acte guerrier.

L’énergie ici sollicitée est celle de la base, celle de Muladhara chakra (chakra racine). Muladhara, c’est l’instinct primaire, l’instinct de survie puissant, fougueux et courageux, où réside la Kundalini.

Virabhadrasana fait partie, pour moi, des postures essentielles, à pratiquer régulièrement, afin de nous renforcer et acquérir les qualités inhérentes à l’archétype “le héros à la colère bienfaisante” .

La légende des guerriers

« Daksa célébrait un jour un grand sacrifice, mais il n’avait pas invité sa fille Sati / Parvati, ni son gendre Shiva le prince des dieux. En effet, lors d’un précédent sacrifice, Shiva ne daigna pas se lever pour accueillir Daksa, ce qui rendit ce dernier fou de rage. Sati se rendit tout de même au sacrifice, mais l’insulte et l’humiliation étaient si grande qu’elle se jeta dans le feu et mourut. Il est dit que virabhadra naquit de la colère de Shiva, lorsqu’il apprit la mort de son épouse. Il jeta au sol une mèche de ses cheveux emmêlés, et c’est ainsi que naquit l’un des plus terribles gardiens de Shiva : Virabhadra. Virabhadra et son armée s’abattirent ensuite comme un ouragan sur l’assemblée de Daksa, et détruisirent tout. »

 

Comment prendre la posture du guerrier ?

 

Virabhadrasana 1 : la posture du guerrier 1 Virabhadrasana 2 : la posture du guerrier 2
Posture du guerrier Posture du guerrier

 

Dans la prise de Virabhadrasana 1 et Virabhadrasana 2, il est bien de partir le bout des doigts au sol, le buste baissé. Tout en se redressant sur une inspiration, sentir l’énergie de la terre monter dans la jambe de devant. Cette énergie se transmet depuis la jambe avant, jusqu’à la jambe arrière, en même temps que le poids du corps (transférer le poids du corps de la jambe avant à la jambe arrière !). Il faut faire attention au genou de derrière, parfaitement aligné à la cheville et au haut de la cuisse. Aucune tension dans le genou ne doit être ressentie ! Le pied de derrière est bien planté au sol. C’est toute la voûte plantaire qui est concernée.

Une fois la base (les jambes) bien placée, solidifiée, se redresser un peu plus, en donnant une impulsion depuis le pied arrière, qui se transmet au coeur (toute la poitrine), ce dernier s’ouvrant au maximum.

Dans les deux guerriers, la plante des pieds adhère parfaitement au sol, par laquelle on capte toute l’énergie de la terre. Lors de la prise de la posture, j’aime bien comparer les jambes à des pailles, dans lesquelles s’engouffre l’énergie pour venir alimenter notre fondement. La tenue de la base est indispensable.

De nombreuses variantes existent . Une fois la posture traditionnelle maitrisée , rien ne vous empêche de créer votre propre variante ! en effet selon la tradition, il existe autant de postures qu’il existe d’individus sur la terre …

 

Posture du guerrier : Souffles et tenues internes

Mula bhanda

Comme nous l’avons vu plus haut, la tenue du sphincter anal (mula bandha) est importante. Elle sera permanente pour donner encore plus de puissance à la structure, donner un sens ascensionnel à l’énergie et stimuler udana Vayu qui gère le prana qui monte !

Les yeux

La tenue des yeux est extrêmement importante. Le regard est fixe et puissant. Le regard est fixé soit :

  • sur le dessus de la main dans le guerrier 2
  • en face ou vers le ciel dans le guerrier 1

Quoi qu’il en soit, les yeux sont grands ouverts et fixes.

Le souffle

L’idéal est l’allongement du souffle, et tenter de l’égaliser (visualiser le souffle qui monte et qui descend). Il est possible de compter en commençant par 5 secondes à l’inspiration et 5 secondes à l’expiration. Au fur et à mesure, il est possible de rajouter des rétentions poumons pleins.

Il est également possible de pratiquer le soufflet abdominal (Bhastrika), en visualisant les braises dans le ventre. Lorsque ce souffle est pratiqué, il faut éviter de faire monter les flammes dans le cœur. La concentration reste dans le ventre. Puis, au bout d’une dizaine de souffles, il faut expirer profondément et pratiquer une inspiration contrôlée en Ujjayi (bruit dans la gorge). Faire remonter l’énergie jusqu’au bout des doigts, puis jusque dans les yeux, et pratiquer une petite rétention. Puis expirer tranquillement.

Ces propositions de souffles ne sont que deux exemples de pranayama possibles. Tout autre souffle appris auprès d’un professeur compétent est bien sûr envisageable.

 

Posture du guerrier : les effets

Une fois la posture du guerrier bien maitrisée, on ressent un grande plénitude au niveau de la cage thoracique, ce qui permet une respiration complète et profonde. Udana (le prana qui monte) prend tout son sens.

Ces postures offrent un travail de renforcement des hanches puissant. Les jambes aussi se renforcent.

Ils développent l’équilibre et la stabilité et apportent de l’énergie.

Ils donnent une grande confiance en soi, réveillent la bravoure et permettent d’apprendre à contrôler la colère.

A pratiquer en début de séance.

 

Posture du guerrier : les contre indications

Il est conseillé d’éviter de faire la posture du guerrier si vous souffrez de pression artérielle élevée ou de troubles cardiaques. Les personnes qui ont des problèmes aux épaules devraient soit garder leurs bras parallèles soit un peu écartés, mais pas beaucoup.

Si vous avez des douleurs ou une blessure à la nuque, vous devez garder la tête bien droite, ou au moins dans une position neutre et ne pas regarder vers le haut.

 

 

Sandra

J’ai suivi une formation de professeur de Hatha yoga auprès de Jean Pierre Gaucher, fondateur de l’académie de yoga de Marseille et de Pau, durant plus de 4 ans. J’ai obtenu le diplôme le 11 juillet 2008. J’ai poursuivi ma formation dans le yoga massage (ou massage Thai)  et perfectionné mon yoga auprès de Dhaya Dorje Mesrobian, yogi expérimenté (enseignant le yoga en Chine et Inde …). Il m’a directement transmis diverses techniques de yoga et m’a aidée à subtiliser ma pratique, surtout le souffle. J’intègre désormais dans mes cours une touche féminine, avec des mouvements que j’ai appris auprès de Claudia Oliveira, danseuse et chorégraphe Brésilienne travaillant sur le féminin sacré. Depuis peu, mon chemin a croisé celui de Maitri Baraz et son Maitre Saji (Yoga intégral). Cela a été une révélation et j’ai décidé de poursuivre ma quête d’authenticité auprès d’eux. Je m’inspire beaucoup d’Iyengar, André van Lysebeth, et de Bernadette de Gasquet. Je suis membre de la FFDEY (Fédération Française des écoles de yoga).

Où retrouver Sandra ?

sur le net :

Site :www.yogabiscarrosse.com

Facebook : https://www.facebook.com/yogabiscarrosse/

en retraites de yoga  :

– Retraite YOGA au Sri Lanka et rencontre des éléphants ( du 16 au 26 avril 2019 )   : https://www.facebook.com/events/237172713811607/

– Retraite YOGA detox France / Biscarrosse ( du 3 au 10 aout  2019 ) : https://www.facebook.com/events/246183649414815/

 

Si cet article vous a aidé, inspiré et éveillé votre héros intérieur, alors laissez un commentaire …

 

 

1 Comment

  1. claire

    Merci pour cette puissante posture replacée dans les textes
    Claire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :