Règles et féminité : témoignage d’une guérison instantanée

7083071239_9f3b855d2b_bL’idée de ce thème m’est venu en lisant l’article “cycle féminin et yoga” écrit par Emilie du blog “My happy yoga”.Emilie nous donne des points de vue intéressants du yoga sur le cycle féminin et des conseils pour aborder ses différentes phases avec plus de sérénité.

Ce qui suit est pour moi plus qu’un article, c’est un témoignage d’une expérience de vie. C’est un hommage aux femmes de mon clan familial, à toutes les femmes et à toutes les mères, à leur beauté, à leur force créatrice et maternelle. Au bout du compte, c’est peut-être bien, en tout humilité, un hommage à la Shakti elle-même.

Je viens de me rendre compte que j’écris cet article un jour de nouvelle lune et d’éclipse. Il n’y a pas de hasard. La lune, symbole archétypal de toutes les énergies féminines et astre qui fait naître les bébés…

 

Quels étaient mes symptômes ?

Pendant toute mon adolescence et jusque l’âge d’environ 25 ans, je n’avais jamais eu de règles.

A 15 ans, je suis allée pour la première fois chez un gynécologue. Ca a été pour moi un grand moment d’espoir. J’allais pouvoir parler de mon problème à quelqu’un qui allait le comprendre et qui allait m’expliquer pourquoi ça ne fonctionnait pas, pourquoi je n’étais pas comme les autres filles. La désillusion a été bien plus grande que le moment d’espoir. La consultation a duré 10 minutes. On ne m’a posé aucune question et je suis sortie de là avec, pour toute consolation, quelques plaquettes de pilules blanches. Pas des pilules contraceptives, des hormones.

J’avoue que, la première plaquette avalée, j’ai quand même eu un instant de bonheur la première fois où j’ai vu le sang couler. Ca y est, je suis une vraie fille. Je vais pouvoir parler tampons, serviettes, soutien-gorge et garçons comme toutes les copines. Puis l’expérience a fini par ne plus être aussi fantastique que ça. Règles à tendance hémorragique, et en plus, dis donc, on ne m’avait pas prévenu que ça faisait mal comme ça !… Au bout de quelques mois, j’ai laissé tomber les hormones. La bonne excuse était que, de toute façon, les règles, c’est un truc chiant. On vit bien mieux sans. Au bout du compte, j’ai de la chance, moi, de ne pas être embêtée avec ça.

Puis vers 17-18 ans, j’ai connu ma première histoire d’amour. Et là, la question s’est représentée. J’ ai consulté plusieurs gynécologues. Et toujours la même réponse : prenez la pilule. Ils me font bien rire, eux, avec leur pilule. C’est pas faute d’en avoir essayé, des blanches, des roses, des multicolores… Est-ce qu’ils entendent que, quand je prends ce truc, je suis lessivée, mal dans ma peau, j’ai mal au crâne, mal au ventre, j’ai des pertes de sang entre les périodes de règles, en gros que je ne suis plus moi-même… ?

Puis j’ai connu l’homme qui est aujourd’hui mon mari et, là, le problème est devenu plus profond et plus triste. Et si je veux avoir des bébés, comment je fais ? C’est décidé, je prends le taureau par les cornes. Direction clinique universitaire… Ras le bol de ces médecins de campagne, je vais chez les vrais spécialistes. Après 5 minutes d’entrevue avec le professeur, devinez la réponse : “Prenez la pilule”. Puis il rajoute : “Ne vous inquiétez pas. Aujourd’hui, avec la procréation assistée, tout ça n’est plus un problème. Revenez quand vous serez décidée pour avoir un enfant” J’ai halluciné ! “N’y a-t-il pas une seule personne sur cette planète qui pourrait me dire ce qui ne va pas chez moi?”

Heureusement, si. J’ai finalement trouvé la personne qui a pu répondre à mes questions. En fait, ce n’était pas une personne, c’était dans un livre sur le décodage biologique. Cela faisait quelques mois que je m’intéressais à cette discipline mal connue, dont certains disaient qu’elle fait des miracles et dont d’autres mettaient en garde contre une dérive sectaire.

Quoiqu’il en soit, sur un passage parlant des problèmes de menstruations, j’ai lu cette phrase : “Il aurait mieux valu être un garçon”

Histoire d’un garçon manqué

Lorsque je regarde l’histoire des femmes de mon clan, la condition féminine a été plus que dure à vivre. Servantes maltraitées, femmes diffamées, femmes battues, femmes violées… Et moi, petit bébé, je débarque au milieu de tout ça, point de convergence du vécu et du ressenti de toutes ces mères. J’ai pris, inconsciemment, cette injonction, ce programme pour ma propre survie : “Ne sois pas une femme. C’est trop dur, c’est trop dangereux. Regarde ce qu’on leur fait. Pour ta propre sécurité, pour ta propre survie, il faut que tu sois un garçon”.

En lisant cette phrase “Il aurait mieux valu être un garçon”, je me suis revue petite, vrai garçon manqué, les cheveux courts, jouant au fusil, aux playmobils et aux petites voitures. Les gens dans la rue me souhaitant un cordial : “Bonjour, mon petit garçon”. J’ai aussi instantanément eu l’image de mon frère, de 6 ans mon aîné. Je l’admirais, je voulais faire ce qu’il faisait, être ce qu’il était. Puisqu’il fallait être un garçon, il fallait imiter et tout apprendre de lui. Peut-être que si j’arrivais à faire comme lui, j’aurais eu une chance de rester en vie plus longtemps et de vivre une meilleure vie.

Je ne sais pas combien de temps a duré cette prise de conscience. Deux secondes, deux minutes, deux heures ? Ce dont je me souviens, c’est que j’ai beaucoup pleuré…

Seulement voilà, trois jours plus tard, j’avais mes règles pour la première fois de ma vie. Et le mois suivant, elles sont revenues, et le mois d’encore après aussi… Mon cycle s’est installé naturellement et durablement. Et aujourd’hui, je suis maman de deux enfants conçus et accouchés de manière totalement naturelle. Cet évènement a été le début d’une longue et progressive reconstruction de ma féminité. Et je suis encore en chemin aujourd’hui.

 

Que nous apprend la biologie ?

Je sais, je sais, … je pourrais peut-être vous épargner le passage de “la biologiste”. Mais c’est plus fort que moi. Quand je décortique les mécanismes de fonctionnement du monde vivant, mes yeux d’enfant s’illuminent. Je m’émerveille devant le travail d’orfèvre de la nature. Il faut que je vous explique.

Les hormones

 

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Vous savez sûrement tous qu’il existe des hormones sexuelles masculines et des hormones sexuelles féminines. Ce que vous savez peut-être moins, c’est que, qu’on soit un homme ou une femme, nous avons les deux types d’hormones. Ce sont des molécules qui font partie des mêmes chaînes métaboliques. Simplement, dans un fonctionnement physiologique de santé, les hommes ont beaucoup d’hormones masculines et presque pas d’hormones féminines et les femmes ont beaucoup d’hormones féminines et presque pas d’hormones masculines. Ces hormones régulent notre activité sexuelle (au sens large du terme) et interviennent aussi dans divers processus métaboliques.

Seulement, voilà, il peut arriver que les conditions de survie d’un individu demandent que cette balance hormonale se modifie (C’est ce qu’on appelle dans le jargon de la Biologie Totale, le “pat hormonal”). Lorsque, pour des questions de survie, la femme doit fonctionner sur son versant masculin (ou à l’inverse l’homme doit fonctionner sur un versant féminin), l’équilibre hormonal se modifie, permettant ainsi à l’individu de se “masculiniser” ou de se “féminiser”. 

Et le lien avec le yoga ?

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Emilie nous explique dans son article que le yoga considère la phase pré-ovulatoire comme une phase d’énergie montante et la phase post-ovulatoire comme une phase d’énergie descendante.

Et bien, oui, c’est une belle et …logique façon de voir les choses.

Elle fait remarquer aussi que c’est pendant la phase ‘descendante” que la femme est souvent plus vulnérable voire qu’elle ne se sent pas bien.

Pendant la première phase du cycle (des règles jusque l’ovulation), la femme sécrète des oestrogènes et n’a pas encore ovulé. Son énergie est tournée vers l’extérieur car c’est le moment idéal pour elle de se consacrer aux activités extérieures dont elle a besoin.

Pendant la deuxième période du cycle, après l’ovulation, les priorités biologiques et naturelles changent. Il faut préparer l’éventuel accueil d’un bébé. La femme sécrète de la progestérone, hormone qui permet de préparer l’utérus et également hormone de l’allaitement. Emilie parle d’une période d’intériorité. Evidemment, car le développement et la sécurité de la progéniture passe par la qualité du nid qui va l’accueillir. C’est notre mémoire “animale” de la femelle qui se crée un cocon confortable et à l’abri des prédateurs où elle pourra élever ses petits.

Dysménorrhées, aménorrhées, règles douloureuses et compagnie …

Si une femme doit, comme ça a été mon cas, fonctionner pour sa survie, sur son versant masculin, la période “d’intériorité”, où elle devrait pouvoir fonctionner harmonieusement sur ses énergies féminines, sera une période difficile à gérer, voire symptômatique. (Notez au niveau de la biologie que c’est la phase où la femme doit produire de la progestérone et, comme par hasard, la progestérone est une hormone convertible en testostérone, hormone masculine). Si le conflit est fort, cela peut aller jusqu’à l’absence de règles. Ou les règles proprement dites sont douloureuses.

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles une femme peut se “masculiniser”. Pour éviter de rentrer dans des considérations techniques trop complexes, on pourrait résumer quelques raisons comme ceci :

–  la femme a un programme conscient ou inconscient du genre : “il faut être un garçon”

–  la femme est “blessée” dans sa féminité, dans son territoire féminin

– la femme ne peut pas exprimer sa féminité (ses énergies lunaires comme on dirait en yoga), elle est obligée de l’inhiber

 

En conclusion : que de la gratitude

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Pour conclure, je ne peux avoir qu’une pensée de gratitude. Il n’y a qu’une chose à dire :“MERCI”. Merci aux femmes de mon clan, à toutes ces mères qui ont vécu, survécu, qui ont continué coûte que coûte, et qui ont donné le meilleur d’elles- mêmes pour qu’aujourd’hui, je sois en vie.

 

Si cet article vous parle, vous plaît, laissez vos réflexions, vos commentaires. Et partagez …

8 Comments

  1. Hello Eve-Anne, Je suis heureuse que mon article t’aies inspirée et surtout, très touchée par ce partage très intime de ton histoire. Il met en exergue une fois de plus le pouvoir du mental sur notre corps. Je trouve ça génial aussi que tu nous fasses partager tes connaissances en biologie. Surtout sur un sujet si important, c’est top d’avoir une approche plus scientifique. J’ai encore appris des choses grâce à toi, merci beaucoup!

    • Eve Anne

      Bonjour Emilie
      Merci pour ton commentaire.
      Contente que ça t’ai plu 🙂
      A plus

  2. Bonjour Eve-Anne,

    Merci pour ce témoignage, ta prise de conscience est vraiment la preuve que nous sommes responsables des blocages que nous avons. Responsables dans le sens où nous les contrôlons sans même en avoir conscience. Mais aussi la preuve que nous portons le poids de bagages qui ne nous appartiennent pas, et dont nous devons nous débarrasser avant que nous les transmettions à nos progénitures.

    Bravo pour ce que tu as réalisé ! C’est fascinant.

    A bientôt,
    Laura

    • Eve Anne

      Bonjour Laura

      Merci pour ton commentaire. Il résume très bien le message de l’article.
      Je crois que nous sommes sur la même longueur d’onde 😉

      A bientôt

  3. Iris

    Bravo! Je suis tres touchee par ce temoignage tres intime… Moi, c’est a cause de mes regles hemohrragiques, que tout le monde veut me mettre sous pilule, mais j’ai toujours refuse (c’est bien d’etre callee en biologie et d’avoir des bases de pharma, ca aide dans l’argumentation 🙂 ), et petit a petit, entre homeopathie, traitement energetique, culture de mon amour de moi-meme, je ne perds plus que la moitie de sang/mois, c’est toujours trop, mais deja bien mieux! et puis je ne vais voir des medecins en general, mais gyneco en particulier que sur conseil, et si il/elle insiste pour la pilule, ben bye bye! (en attendant, j’ai trouve mon cercle de super medecins, mais bon, je risque de demenager bientot haha…)
    Bref, etre femme peut-etre merveilleux, surtout si on peut le vivre en paix avec soi-meme!

    • Eve Anne

      Bonjour Iris,

      Merci pour votre témoignage. Et bravo pour le chemin parcouru.

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