Vers une alimentation en conscience

alimentationJe me pose souvent la question du végétarisme, voire du végétalisme. Lorsqu’on connaît les problèmes de maltraitance des animaux d’élevage et qu’on sait que l’industrie de l’élevage animal est le plus gros fléau écologique de la planète, c’est difficile de ne pas se poser de questions sur notre alimentation.

J’ai dernièrement ressenti le besoin et l’envie de diminuer progressivement (jusqu’à éliminer le plus possible et dans la mesure du possible) tout aliment que je ressens comme un irrespect total de la vie et de moi-même. Je ne dirais pas que c’est une « bonne résolution ». Je ne crois pas aux bonnes résolutions. C’est plutôt un besoin de se reconnecter à l’essentiel, de vivre à ma juste place et à ma juste valeur. Pour paraphraser Pierre Rabhi lorsqu’il dit que sa vie vaut plus qu’un salaire, je dirais que « Je vaux plus qu’un steack et qu’un poulet de batterie, je mérite mieux qu’un maïs transgénique ».

Dans cette phase de grand changement, je tiens plus que jamais compte de l’importance des 3 nourritures du yogi. Je commence tout doucement à saisir la subtilité et l’importance de cet équilibre à atteindre.

Car en yoga, l’alimentation ne concerne pas que ce que nous mangeons.

 

Petit rappel

L’ être humain est constitué de plusieurs corps ou enveloppes sur lesquels il peut agir:

  • le corps physique : notre chair, nos os, notre sang, …
  • le corps énergétique : composé de centres d’énergie appelés chakras et de canaux, appelés nadis, dans lesquels circule l’énergie
  • le corps mental : qui contient l’ensemble de nos processus mentaux comme les pensées, les conditionnements, le jugement de valeur, etc …

Chacun de ces corps a besoin d’être entretenu et a besoin de sa nourriture propre.

Une bonne alimentation requiert donc un équilibre entre ce que chacune de ses enveloppes a besoin.

 

La nourriture du corps physique : RASA

alimentationLe corps physique a besoin de l’énergie qui se trouve dans les aliments que nous ingérons. Cette énergie n’a rien à voir la composition chimique de l’aliment (sa quantité de vitamines, de protéines, de graisse,…).

En Natha Yoga, le yogi mange de tout. Il n’a pas de règles alimentaires pour choisir ses aliments, hormis la notion de saveur. La saveur, RASA, est ce qui nous permet d’extraire et de s’approprier l’énergie contenue dans la nourriture.

 

Si on devait résumer brièvement l’alimentation du corps physique, on pourrait dire :

  • Ne pas trop manger et manger des aliments que nous digérons facilement. La digestion consomme de l’énergie. Cette énergie utilisée pour digérer ne peut plus l’être pour le reste (à savoir, dans le cas du yogi, son cheminement spirituel)
  • Ne pas manger trop souvent. Et oui, notre système digestif a lui aussi besoin de période de repos. Egalement, on retrouve la notion d’économie d’énergie qui peut alors investie autrement
  • Manger local et de saison, ce qu’il y a sous la main
  • Ressentir la saveur des aliments (rasa)
  • Eprouver le sacré.

C’est bien sur ce dernier point que le bât blesse. On dirait que certains hommes ont oublié leur connexion à la nature, qu’ils croient ne pas être soumis aux lois naturelles et qu’ils peuvent contrôler  et surexploiter leur environnement comme bon leur semble.

Evidemment, les textes tantriques conseillant de manger de tout, tout ce qui sent bon, goûte bon, … n’ont pas été écrits à l’époque de la mondialisation et de l’exploitation intensive.

Avec ses légumes et fruits bombardés de pesticides, ses OGM, la destruction des forêts, la stérilisation des sols, sans compter les colorants et exhausteurs de goût, … Et, pour y revenir, le drame de l’exploitation et de la maltraitance des animaux d’élevage, l’homme s’est bien éloigné de la dimension sacrée de son alimentation.

Pas toujours facile dans ces circonstances de manger sans se poser de question, sans juger, sans se prendre la tête et sans culpabiliser … Pas toujours facile de trouver des aliments sans se demander si on participe ou pas à un massacre…

Savourez le plaisir et le goût des bonnes choses, prendre le temps de manger, avoir de la gratitude pour ce qui se trouve dans notre assiette. Avoir la conscience que nous faisons tous partie d’un même tout, d’une même chaîne, voilà qui pourrait sûrement faire beaucoup de bien à notre belle planète bleue.

 

 

La nourriture du corps énergétique : PRANA

adult-19033_1920L’énergie ne se trouve pas que dans les aliments. Il y a aussi Prana. Ce nom  est donné à l’énergie que nous développons à travers la respiration.
 Pranayama, « l’ Art du non-souffle »  est le pilier majeur du Natha Yoga. Il consiste en un ensemble de techniques visant à :

  • apprendre à bien respirer d’abord
  • ensuite à respirer moins, plus lentement, en utilisant de moins en moins d’air et en éveillant de plus en plus d’énergie.

Le prana « nourrit » le corps énergétique, ce qui va donner vitalité, santé, force et stabilité au corps.

 

La nourriture du corps mental : MUNA

ocean-828774_1920Montaigne préférait “une tête bien faite à une tête bien pleine”. Pas mal comme idée. Et pourtant …  il y a mieux. Quitte à déplaire à  nos instituteurs et professeurs, les yogis préfèrent les têtes bien… “vides”.

Le silence (muna) est la nourriture de l’esprit.

Penser, réfléchir, calculer, mémoriser, anticiper, se rappeler, gérer, apprendre, interpréter… La liste des tâches de notre corps mental est très très longue … Toujours affairé, il est une source de déperdition d’énergie et d’épuisement. Lui aussi a besoin de s’arrêter ! Pas facile, facile … Muna, le silence, est le silence intérieur, celui de l’arrêt des pensées, de la concentration et de la méditation.

 

Tout est connecté

Ces trois nourritures s’influencent l’une l’autre. Par exemple :

  • Lorsqu’on développe Prana, on digère mieux.
  • Quand on mange léger, on a plus d’énergie.
  • Quand le mental est calme, les envies alimentaires sont différentes que lorsqu’on est stressé
  • Quand on prends le temp de respirer, le mental s’apaise et se régénère
  • etc …

 

En conclusion

Personnellement, je ne souhaite pas adhérer à un régime par « principe ». Les principes ne sont jamais 100% honnêtes. J’ai pris un chemin où je me laisse guider par ce que je ressens : potager en permaculture, poulailler ultra-confort pour ses locataires gallinacés, étang naturel, haies pour oiseaux … Pour l’instant, je vagabonde un peu, un jour végé, un jour pas… mais désormais toujours en âme et conscience.  Je verrai bien où ce chemin me conduira…

Je vous invite à réitérer l’expérience que je vous avais déjà proposé dans cet article : yoga-et-alimentation

Avant de prendre votre repas, faites une activité (même autre que le yoga) qui vous donne de l’énergie et qui nourrisse votre esprit de calme et de silence. Qu’avez-vous alors envie de manger ?

Je pense sincèrement que si chaque être humain pouvait introduire ces 3 différentes dimensions dans son alimentation, nous pourrions retrouver une véritable harmonie avec notre environnement, nous reconnecter au sacré en nous alimentant, et sauver notre belle planète des destructions qui la tourmentent aujourd’hui.

 

Et vous, régime, pas régime? Végé, pas végé ?

Le yoga a-t-il déjà influencé votre alimentation ?

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