Les 2 erreurs à ne pas commettre lorsqu’on travaille sa souplesse

Améliorer sa souplesse grâce au yogaMême si nous pouvons chacun avoir des prédispositions à être plus ou moins raide ou plus ou moins souple, la souplesse reste avant tout quelque chose qui se travaille. Même si nous avons tous un jour été extrêmement souples quand nous étions bébé, une chose est sûre, c’est qu’avec l’âge, nous finirons tous raides comme des piquets si nous ne faisons rien. La souplesse, ça s’acquiert, ça se retrouve (si on l’a perdue) et ça s’entretient.

Oui mais, pas n’importe comment …

Voici les deux erreurs les plus courantes qu’on rencontre lorsqu’on veut travailler sa souplesse.

 

 

Erreur 1 : Avoir une “mauvaise mesure” de sa souplesse et de la souplesse qu’on voudrait obtenir au quotidien

La souplesse d’une articulation se définit par l’amplitude du mouvement de cette articulation et par l’aisance avec laquelle l’articulation effectue le mouvement.

Si je peux faire facilement un mouvement de large amplitude avec une articulation, on dira que cette articulation est souple. Si j’ai une amplitude faible et/ou que ça me demande beaucoup d’effort pour y arriver, on dira que l’articulation est raide. (Confer article « Les deux mythes sur la souplesse et le yoga).

Il est donc important de définir bien clairement quels sont vos objectifs dans votre pratique du yoga.

Ce qu’on souhaite en pratiquant le yoga, c’est de retrouver et/ou entretenir un certain bien-être physique et mental au quotidien. On pourrait dire “Bien dans son corps, bien dans sa tête”. Ce bien-être passe évidemment par l’entretien du corps et une hygiène de vie respectueuse pour le corps.

Il est sûrement plus difficile de se sentir heureux dans un corps raide ou en souffrance que dans un corps souple et confortable.

L’entretien de la souplesse est donc important pour une bonne circulation des énergies et une vie joyeuse et sereine.

Cependant, votre objectif n’est pas de devenir contorsionniste ou gymnaste de haut niveau, ni de maîtriser en 6 mois toutes les postures les plus “difficiles” du yoga.

Gardez toujours à l’esprit que votre pratique est au service de votre bien-être au quotidien.

Ce sont donc le confort et l’aisance que vous gagnez DANS VOTRE VIE QUOTIDIENNE qui sont la bonne mesure de l’efficacité de votre pratique, et non pas le fait que vous sachiez ou non faire telle ou telle posture difficile.

Croyez-moi, on peut très bien donner une impression de souplesse apparente en faisant des postures “difficiles” et ne pas se sentir bien du tout dans son corps ni dans sa vie de tous les jours !

Attention donc de ne pas tomber dans un effet pervers de compétition vis-à-vis de soi-même ou des autres.

“Ma pratique est à mon service, au service de mon bien-être et je n’assujettis pas mon corps au service de la performance, de la pratique.”

 

Erreur 2 : Faire une posture “avec sa tête” plutôt qu’avec son “corps”

On peut parfois, même s’en sans rendre compte, forcer une posture avec le mental et forcer ses articulations.

Améliorer sa souplesse avec padahastasanaUn exemple rencontré très couramment est la posture de padahastasana, la posture des mains aux pieds. Très souvent, dans cette posture, on a vite tendance à donner de à-coups au niveau des hanches pour essayer de descendre un peu plus bas. Ces à –coups se font sur l’ordre du mental. Celui-ci sait que la posture demande de mettre les mains au sol. Et cherchant donc cet objectif, le mental étouffe les sensations corporelles, nous coupe de notre souffle et nous fait aller plus loin que ce que nous sommes vraiment capables de faire.

Padahastasana est une posture d’immobilité par excellence, un outil pour un réel enfoncement à l’intérieur de soi et une détente très profonde. Si vous bougez tout le temps dans la posture, vous passez à côté de son véritable sens.

 

Une posture se fait avec l’intelligence du corps et l’intelligence du souffle, toujours dans un esprit de recherche et d’exploration.

La souplesse ne s’acquiert pas en forçant le corps et les articulations. Prenez par exemple un élastique. Si vous tirez et tirez toujours plus sur cet élastique sans faire attention, un jour, il casse.

Je vous invite à faire le test :

Placez –vous en padahastasana et, plutôt que de bouger ou de “tirer”, relâchez-vous complètement, comme si vous deveniez complètement mou. Relâchez le dos, le ventre, les épaules, la nuque et surtout la tête, le crâne, le visage, la mâchoire. Imaginez que votre tête, votre cerveau, votre visage veulent “tomber par terre”. Amenez le souffle dans le ventre et restez sans bouger. Prononcez mentalement le son “om” afin de canaliser vos pensées. Si vous savez, dirigez les yeux en shambavimudra (loucher vers le centre du front). Visualisez ajna chakra si vous le connaissez. Si pas, visualisez simplement une lumière blanche éclatante. Vous pouvez soit allonger votre souffle en respirant en Ujjayi ou devenir simplement observateur de votre souffle (observer le passage de l’air dans le nez, frais à l’inspiration, chaud à l’expiration). Laissez la magie s’opérer …

 

Comment travailler sa souplesse ?

 

La souplesse s’acquiert avec :

  • la capacité à se détendre et à libérer ses tensions
  • l’augmentation de la conscience corporelle, c’est-à-dire, la capacité à sentir et à visualiser son corps à partir de l’intérieur. Le sens du toucher (la proprioception) et la capacité à visualiser son corps sont donc des points clés pour améliorer la souplesse

 

Pour s’assouplir, nous pouvons donc utiliser :

1) Le mouvement en conscience

Le mouvement en conscience, c’est-à-dire avec une concentration et une perception aigue de la position du corps dans l’espace, permet de développer la souplesse.

Si je bouge mon bras, mon attention va être automatiquement dirigée vers celui-ci. Je peux mieux en prendre conscience. Je vais ainsi un peu plus loin dans le geste et un peu plus facilement au fur et à mesure des répétitions de ce mouvement. D’où l’importance des pratiques en dynamique (salutation au soleil, roue debout, le chat, ….) qui en plus d’être plus facilement accessibles que les pratiques statiques, dérouillent bien le corps.

2) L’immobilité et le souffle

L’immobilité et le souffle ont UN ROLE MAJEUR dans le développement de la souplesse !

Il est important d’apprendre à tenir une posture dans le temps pour obtenir des effets beaucoup plus profonds sur le corps et sur le mental.

Et c’est le souffle et la manière dont on va le gérer dans une posture qui va nous aider à tenir dans le temps.

Le souffle se gère :

  • sur le plan anatomique : savoir utiliser la respiration abdominale
  • dans sa durée, sa longueur : apprendre à respirer lentement et longuement
  • sur son rythme : installer un rythme pour l’inspiration, l’expiration et les rétentions (compter pour être régulier)
  • avec des visualisations : par exemple dans l’axe, dans un chakra, dans une partie du corps pour la dynamiser, …
  • avec des mantras, des sons : par exemple, compter tout simplement les temps de la respiration

La gestion du souffle est ce qui permet de développer l’énergie et de la faire circuler dans le corps. Elle focalise focalise le mental et augmente la conscience corporelle.

C’est grâce à son souffle qu’on éveille l’intelligence de son corps qui va alors se délier. Il faut donc apprendre à le gérer, à le visualiser et à ressentir sa circulation dans le corps.

Je vous invite à nouveau à faire le test :

Choisissez une posture que vous aimez bien. Et de jour en jour, vous allez la tenir un peu plus longtemps en :

  • respirant en ujjayi
  • respirant toujours le plus bas possible en fonction de vos possibilités (respirez dans le ventre !)
  • respirant sur un rythme 1 temps d’inspiration – 2 temps d’expiration. (comptez !)
  • en ajoutant ensuite progressivement des rétentions à poumons pleins : 1 temps d’inspiration – 1 ou 2 ou 3 ou 4 temps de rétention – 2 temps d’expiration
  • en ressentant votre axe (colonne vertébrale) dans la posture, comme si votre respiration pouvait frotter votre colonne vertébrale de bas en haut et votre expiration frotter votre colonne vertébrale de haut en bas

Vous allez voir que, de fois en fois, quelque chose va lâcher. Les tensions vont se délier, votre corps va s’assouplir, votre souffle se débloquer et votre mental se concentrer !

A vos tapis donc ! Et respirez !

Si cet article vous a plu, laissez un commentaire !

4 Comments

  1. Aurore De Rogalski

    Tu as un véritable don pour expliquer. Merci pour cet article qui rappelle les bases.

    • Eve Anne

      Merci aurore 🙂

  2. Marie

    Quand j’ai commencé le yoga et notamment la pince assise, je tirai sur mon dos plus que mon corps pouvait supporter et j’ai fait plusieurs passages chez le kiné. .. Après je me suis apprise à ne pas brûler les étapes. Cependant je n ‘avais pas mis de mots sur ma façon de faire et quand je vous ai lu, j’ai vraiment pu intégrer ce qu’il faut faire :rester immobile en se détendant avec son souffle . Merci beaucoup car vous m’avez donné une clef pour ouvrir une porte.Petite ou grande, à voir!

    • Eve Anne

      Bonjour Marie,

      Merci pour ce témoignage. C’est très intéressant et touchant.
      Bonne continuation !

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