De la violence en nous ?

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Cet article est né de mes lectures et pérégrinations sur le net aujourd’hui. De fil en aiguille, j’ai été amenée à réfléchir sur la thématique de l’identité et de l’appartenance. Et ce que j’ai réalisé ne me rend pas très fière. J’ai vu la violence en moi. Là où je voyais de bonnes raisons, il n’y a que de la peur.

 

 

 

Cela a commencé par Charlie Hebdo. Je n’avais pas écrit sur le sujet, je n’avais pas voulu relever. Le tapage médiatique ne m’inspirait rien de bon. Les mouvements de masse non plus… Le panneau “Je suis Charlie” m’avait presque choquée. J’ai été incapable de l’afficher. Si ça avait été “Je soutiens Charlie”, “Je compatis pour Charlie”, “Je rigole comme Charlie”, ou encore “Charlie, the show must go on“, pourquoi pas ….  mais “je suis Charlie”, définitivement pas possible pour moi…  Je ne suis pas Charlie, je ne le connais même pas. Et même si quelque chose vibre en moi quand je pense à ce drame, je suis honnêtement incapable d’imaginer ce qu’il peut réellement représenter pour ses proches.

Et comme par hasard, aujourd’hui, j’apprends par les médias locaux, que, dans ma petite région à Tournai en Belgique, le festival RAMDAM est annulé et que le complexe de cinéma est fermé pour cause de menaces terroristes. Je viens de voir le premier panneau “Je suis Ramdam”. J’hallucine … euh… non, vraiment, je ne suis pas ramdam.

Le jour où j’ai construit ma propre famille, un fort sentiment de « clan », d’appartenance s’est développé chez moi. Et je me vois admettre, avec le recul que m’ont procuré mes lectures du jour, qu’un fort sentiment d’appartenance provoque de la violence. Si un danger pèse sur les siens, la lionne sort tout de suite les griffes. C’est un peu comme Daniel Balavoine, dans sa chanson, “J’vais tout casser si vous touchez aux fruits de mes entrailles”.

L’ego est un petit malin qui aime essayer de se faire passer pour de l’amour… Mais avec un peu d’honnêteté, nous sommes bien obligés de reconnaître que la tristesse, la colère, la violence, la défense,… ne sont animées que par la peur, pas par l’amour.

L’appartenance, en créant une séparation entre moi et l’autre, est à l’origine de la violence… Une phrase que je vais méditer longuement…

Je vous invite à lire l’article “La grande marche de l’identité-janvier 2015” écrit par Claire Dagnaux sur le blog “Yogamrita”.

Un texte plein de sagesse, “vrai” et lumineux. Il m’a beaucoup touchée. Il met du sens sur l’attentat qui a frappé Charlie Hebdo et sur notre comportement. Il était temps. Le monde a besoin qu’on remette les pendules à l’heure sur ce genre d’évènement et sur les raisons qui animent nos actes.

2 Comments

  1. Je viens de lire l’article de Claire. Combiné à tes dires, je ne peux qu’être touchée. Tout ça est tellement impactant de vérité que ça en serait presque absurde. Je me sens presque bête de ne pas avoir eu, moi aussi, cette reflexion là. De rester simplement dans ma douleur (et dans ma violence, du coup), sans aller chercher plus loin.
    Merci beaucoup Eve-Anne pour ce superbe partage.

    • Eve Anne

      Salut Emilie,
      Rassure-toi, perso je n’ai pas fait que me sentir bête, je me suis pris une claque.
      Mais après, qu’est-ce qu’on se sent mieux … 😉

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