Les 6 « explorations » de base du yoga : partie 5 : les postures inversées

postures inverséesLes postures inversées ou les “Viparita Karani Mudra” sont un espace essentiel du yoga. Les textes classiques leur vantent des qualités formidables voire extraordinaires comme la jeunesse, la longévité, le fait de faire repousser les cheveux, de faire disparaître les rides, de donner l’immortalité, … Elles sont considérées comme des pratiques à faire tous les jours tant ce qu’elles apportent est bénéfique pour le pratiquant.

En fonction des écoles, le mot “inversion” peut comprendre différentes postures. En NathaYoga, on classe, dans les inversions, toutes les postures où les pieds sont plus hauts que la ceinture.

Les principales postures inversées sont Sirsasana (la posture sur la tête), Sarvangasana (la posture de la chandelle), Kapalasana (le “trépied”) et Viparita Karani Mudra (le geste inversé).

En fait, vous l’aurez compris, le mot Viparita Karani Mudra peut donc avoir 2 significations : la première désigne l’ensemble des postures inversées, la deuxième désigne une pratique en soi qui a un air de ressemblance avec Sarvangasana.

Les effets

Comme dit plus haut, les effets sont très nombreux. Je ne vais en reprendre ici que quelques-uns.

– Les inversions ont en commun de régénérer le corps par un effet puissant sur la circulation sanguine. Toutes les stases veineuses du corps (dues à la pesanteur, au fait de rester des heures assis devant un ordinateur,…) sont éliminées.

– Les inversions ont une action importante sur le système endocrinien (par exemple, sarvangasana a des effets sur la régulation de la thyroïde), avec toutes les conséquences sur la santé et sur l’humeur.

– Sur le plan de l’énergie, les viparita karani mudra “inversent” les courants énergétiques principaux qui nous “traversent”.

 

Apana et Prana

Apana est un courant énergétique qui a sa source dans le cakra de la base et qui est dirigé vers le bas. Il correspond à une énergie d’élimination, d’excrétion. Mais il correspond aussi à une fuite énergétique. Beaucoup de pratiques (comme le mula bandha) servent à empêcher cette déperdition d’énergie vers le bas et à faire remonter Apana vers le haut jusque dans le ventre.

Prana est un courant d’énergie qui a sa source dans le cakra du coeur et qui monte.

Lorsque nous nous mettons à l’envers, ces courants nous traversent différemment et se rejoignent. Apana, le courant descendant, plutôt que de fuir par la base, va remonter dans le ventre. Et Prana, plutôt que de monter vers la tête, va redescendre dans le ventre.

Les deux grands courants énergétiques habituellement antagonistes peuvent ici s’unifier, ce qui favorise l’équilibre physique, émotionnel et mental.

Les yogis disent aussi que se mettre dans une inversion nous permet de sortir des conditionnements de l’inconscient collectif. Se mettre la tête en bas et les pieds en l’air, alors que tout le monde vit la tête en l’air et les pieds en bas, donne du recul et une perception différente du monde.

 

L’immobilité dans les inversions

Les inversions sont des pratiques qu’on cherche à tenir dans le temps. Mais vous devez y aller progressivement. A partir de votre temps de départ, vous pouvez ajouter quelques secondes à quelques dizaines de secondes tous les jours, jusqu’à pouvoir rester plusieurs minutes (minimum 3 à 5 minutes).

Tenir une posture dans le temps dépend de plusieurs facteurs. Je vous invite à lire l’article sur “la première exploration de base : l’immobilité”.  J’y explique l’influence des corps physique, énergétique et mental sur l’immobilité, avec un exemple sur les inversions.

Petits conseils pour vous y essayer

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les inversions sont accessibles à la quasi totalité de la population. Evidemment, si vous avez certains problèmes de santé comme des problèmes cervicaux, des problèmes de thyroïde, des problèmes ORL, des maux de crâne, des problèmes cardiaques, … vous devez demander l’avis d’un professeur.

Hormis les considérations physiques de santé, je connais deux obstacles à la réalisation des postures inversées :

la recherche de performance :  et oui, ça peut paraître “spectaculaire” de se tenir sur la tête. On veut y aller coûte que coûte, en brûlant les étapes de l’apprentissage, sans faire attention à ce qui est important et sans être à l’écoute de soi. C’est dans ce genre de situation qu’on peut se faire mal.

la peur : L’obstacle est souvent plus psychologique que physique. Ne tombez pas dans l’autre extrême. Vous n’allez pas vous “rompre le coup” en vous mettant sur la tête. Il ne va rien arriver de dangereux à votre tête sous l’affluence du sang. Sur toutes mes années de pratique,de formations et d’enseignement, je n’ai jamais vu personne (je parle toujours de personnes sans problème de santé préalable et qui respecte les messages de leur corps) se blesser dans une posture inversée. Si ça peut vous rassurer au début, pratiquez près d’un mur. Centrez-vous sur vous, vos sensations, votre respiration et faites confiance à vos réflexes.

Je vous souhaite de belles postures inversées. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions

4 Comments

  1. Bonsoir Eve-Anne,

    Merci pour cet article au top ! Je trouve ta perspective sur les postures inversées comme permettant de sortir des conditionnements de l’inconscient collectif super intéressante !

    Je rajouterais peut-être une petite précision, à savoir que les postures inversées sont à éviter en cas de grossesse et en période de règles.

    A très vite,
    Claudia

    • Eve Anne

      Salut Claudia
      merci pour ton commentaire.
      Je sais que beaucoup d’écoles déconseillent les postures inversées en cas de règles et de grossesse. C’est un point de vue que je comprends et que je respecte tout à fait.
      En Natha Yoga, on voit parfois les choses un peu différemment. Il y a bien sûr des évidences (on ne va pas demander à une femme enceinte de 7 ou 8 mois de faire un arc par exemple ou à quelqu’un qui vient de faire une crise cardiaque de retenir son souffle pendant 1 minute).
      En ce qui concerne les postures inversées, c’est quelque chose qu’on aime bien voir vraiment au cas par cas. (par exemple si la femme enceinte a déjà une pratique ou pas, comment se passe la grossesse, si le bébé est bas ou haut, s’il y a des tensions, quelles sont les énergies ou les émotions qui animent la maman, etc etc …).
      C’est juste un autre point de vue. L’important étant que les différents points de vue s’inscrivent dans une démarche d’ensemble cohérente et que le pratiquant soit congruent avec cette démarche.
      Namaste

  2. Merci pour ces précisions Eve-Anne.

    Je suis tout à fait d’accord avec toi : chaque cas est différent et la généralisation n’est pas toujours bonne.

    Mais, tu sais, j’avais vu passer des photos de futures mamans en sirsasana et là ça m’avait quand même fait bizarre ! En tout cas avec une bonne pratique préalable et un suivi sérieux, peut être que c’est possible… Tant que la maman et le futur bébé sont en bonne santé, c’est le plus important.

    A bientôt !
    Claudia

  3. beatrice

    n’oublions pas que le foetus (quand tout se passe bien) se tient tête en bas et sort ainsi

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